Puissant marabout africain retour affectif, marabout sérieux travail rapide, maître Roméo Danklounon
Bruxelles - Bruxelles
UGC Lyon Bastille
Paris - Île-de-France
Percolators
BENOIT PLATÉUS
Espace 251 Nord
Exposition du 24 avril au 27 juin 2026.
Les vendredi et samedi de 14H à 18H.
Communiqué de Presse
Pour sa troisième exposition solo à l’Espace 251 Nord, Benoit Platéus (Belgique, 1972) présente une série de peintures inédites rassemblées sous le générique de « Percolators ».
Percoler (du latin percolare : « passer au travers ») désigne l'action d'un liquide qui traverse lentement un milieu poreux, granuleux ou pulvérulent, et implique une filtration ou un suintement. Les nouvelles œuvres de Benoit Platéus laissent apparaître, à travers des processus visuels variés, une grande diversité de cavités, fissures, anfractuosités, perforations et espaces troués.
Ces « espaces troués » constituent un fil conducteur dans l’œuvre de Benoît Platéus depuis ses débuts, là où des tâches lumineuses et des formes concentriques scandent ses premières photographies ; plus tard aussi dans Étançon qui agrandit démesurément un trace-cercles, ou dans les visages de scientifiques emplis d’ampoules qui semblent les perforer et les évider.
« Ce qui serait premier pour caractériser l’humain serait la possibilité de tolérer le vide. Dans ce cas, la perception serait non plus d’abord celle de la permanence des objets, mais celle des trous dans l’espace: elle serait constitutive et constituante de ce dernier, elle en ferait l’unité et la continuité. (François Roustang, Il suffit d ’un geste, Odile Jacob, Paris, 2003, p. 448)
Ces espaces troués apparaissent dans Ostrice Audace (2026) qui nous plonge dans un monde caverneux aquatique empli d’anfractuosités, que l’on retrouve aussi dans Les dents de la ruche (2026) qui déploye une radiographie irréelle d’une dentition suggérée et impossible. Ces images entre abstraction et figuration, renforcées par des titres évocateurs, sont ici encore imprégnées de cette idée de percolation avec le passage de fluides dans des milieux fissurés. Ce vide toujours subtilement évoqué est omniprésent dans Accélérateur de particules où la cavité d’une cabine de conduite est perforée d’un grand nombre de tâches rappelant des brûlures. Ces agglomérats suggèrent par moment Les Sorts d’Antonin Artaud, des écrits et des dessins sur des feuilles arrachées, souvent marquées par des brûlures de cigarettes agissant comme des rituels de perforation.
Les accumulations propres aux abeilles, grâce à leur procédé de multiplication par la « grappe » ou la « barbe », comme structure de régulation thermique, constituent également une image qui a accompagné l’élaboration de ces nouvelles peintures. Certains tons (jaune, miel) ou formes (alvéoles, essaims) sont récurrents ; de même, des fonds inédits aux abords séduisants évoquent la grande tradition de l’abstraction, comme dans L’oreille interne de Mendeleïev qui fait référence au tableau des éléments chimiques de l’éponyme. Mais ici encore, le vide et les structures ajourées surgissent, inhérents au système auditif, caractérisé par une organisation alvéolaire en « nid d'abeille » composée de multiples cavités – un espace mental et visuel également évoqué par la grande toile jaune Seashell in Kawah Ijen, une mine de soufre située en Indonésie.
Avec cette nouvelle série, Benoit Platéus rappelle qu’il est aussi un photographe qui décline ce médium dans la sculpture, les éditions, le dessin, les installations et les peintures. Le procédé de développement et de révélation demeure au cœur de sa démarche, ces nouvelles toiles pouvant elles aussi être envisagées comme un processus plutôt qu'un résultat.
Virginie Devillez, avril 2026